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Support de façade

Brique

La brique de terre cuite, souvent associée à la pierre dans la façade parisienne et francilienne, est un matériau poreux dont la durabilité repose sur la respiration du mur et la qualité des joints. Sa restauration vise à rétablir l'étanchéité et la cohésion de l'appareillage sans étouffer le support : elle privilégie les mortiers de chaux et proscrit les produits filmogènes ou à base de ciment, qui bloquent les échanges et accélèrent la dégradation du parement.

Façade en brique rouge ancienne, voussoirs en brique posée sur chant et corbeaux sous la corniche.

Pathologies

Les altérations courantes

  • Décohésion et érosion des joints

    Le lessivage par les eaux de ruissellement et les cycles de gel-dégel désagrègent le mortier de jointoiement, qui se creuse et perd son rôle d'étanchéité. Un joint dégarni ouvre la voie aux infiltrations et fragilise l'appareillage.

  • Épaufrure et délitement des briques

    L'eau absorbée gèle et fait éclater le parement en surface (feuilletage, épaufrures d'arêtes), surtout lorsqu'un ancien enduit ou joint au ciment a piégé l'humidité. Les briques tendres se creusent et perdent leur peau de cuisson, plus dense et protectrice.

  • Efflorescences et cristallisation de sels

    Les remontées capillaires transportent des sels solubles qui cristallisent en surface (voiles blancs) ou sous le parement (subflorescences), provoquant desquamation et poudroiement de la terre cuite.

  • Encrassement et dépôts de pollution

    La pollution urbaine et les suies noircissent les zones abritées du ruissellement en dépôts adhérents qui masquent la teinte et retiennent l'humidité. Les vraies croûtes gypseuses restent l'apanage des pierres calcaires, non de la terre cuite.

Portrait d'un membre de l'équipe.

Notre parti pris

Un mur de brique tient par ses joints : on les refait à la chaux, plus tendres que la brique, pour qu'ils s'usent à sa place plutôt qu'elle.

Le protocole

Dans l'ordre, sans brûler d'étape

  1. Diagnostic et sondage préalableRepérage des briques épaufrées ou sonnant creux, évaluation des joints et recherche de l'origine des désordres (remontées, joints au ciment inadaptés). Tests de nettoyage sur zone témoin.
  2. Nettoyage adapté du parementDécrassage doux (nébulisation, brossage, hydrogommage ou basse pression) pour préserver la peau de cuisson. Haute pression et acides forts sont à éviter : ils ouvrent la porosité.
  3. Dégarnissage des jointsPurge des joints décohésionnés sur une profondeur de l'ordre de deux fois leur largeur, à l'outil manuel ou mécanique léger, sans épaufrer les arêtes, suivie d'un dépoussiérage et d'une humidification.
  4. Rejointoiement au mortier de chauxRegarnissage au mortier de chaux (aérienne ou hydraulique naturelle) dosé et teinté pour retrouver l'aspect d'origine, plus poreux et moins rigide que la brique afin de rester sacrificiel. Le ciment pur est proscrit.
  5. Remplacement et hydrofugation éventuelleDépose et remplacement des briques trop épaufrées par des éléments de teinte, dimension et résistance compatibles. Hydrofuge de surface microporeux uniquement après réfection des joints et si le diagnostic le justifie.

Cadre normatif

Les règles de l'art

Les textes qui font foi.

  • NF DTU 20.1Ouvrages en maçonnerie de petits éléments (parois et murs)
  • NF EN 771-1Éléments de maçonnerie en terre cuite (briques)
  • NF EN 998-2Mortiers de montage des éléments de maçonnerie

En images

Le métier en images

  • Mur de brique ancienne aux teintes ocre et rouge, joints de mortier de chaux épais et irréguliers.
  • Main d'un maçon lissant un mortier à la truelle sur la dernière assise d'un mur de briques rouges.
  • Cordiste en combinaison orange descendu le long d'une façade en brique rouge à bandeaux de pierre.

Une façade en brique à reprendre ?

Nous relevons l'état du support sur place et chiffrons le protocole adapté. Diagnostic sans engagement.