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Support de façade

Béton

Le béton armé constitue l'ossature et souvent le parement des immeubles parisiens et franciliens du XXᵉ siècle (années 1920 à 1970), qu'il soit brut de décoffrage, bouchardé ou revêtu. Sa restauration relève moins du nettoyage que de la reprise structurale : la durabilité dépend de la protection des armatures noyées dans l'enrobage, dont la dégradation compromet à la fois l'esthétique et la portance. Toute intervention pertinente commence par un diagnostic des causes.

Béton frais gris coulé sur un lit d'armatures, taloché à la règle par un ouvrier — coulage d'un ouvrage en béton armé.

Pathologies

Les altérations courantes

  • Carbonatation du béton

    Le CO₂ de l'air pénètre la porosité du béton et abaisse son pH, détruisant la couche passive qui protégeait les aciers. Ce front, invisible en surface, progresse d'autant plus vite que l'enrobage est mince ou poreux, et se révèle au test à la phénolphtaléine.

  • Corrosion des armatures et éclatement

    Une fois dépassivés, les aciers se corrodent ; la rouille, plus volumineuse que le métal sain, fait éclater le béton d'enrobage. D'où éclats, épaufrures et fers apparents, avec coulures de rouille et perte de section des armatures.

  • Fissuration et faïençage

    Retrait, dilatations thermiques et sollicitations génèrent fissures et microfissuration en réseau. Ces fissures ouvrent des voies d'entrée à l'eau et au CO₂, accélérant carbonatation et corrosion des aciers sous-jacents.

  • Défauts d'enrobage et ségrégation

    Enrobage insuffisant, nids de cailloux ou ségrégation hérités du coulage rapprochent les armatures de la surface et réduisent la protection alcaline. Ces défauts localisés concentrent les premières amorces de corrosion.

Portrait d'un membre de l'équipe.

Notre parti pris

Sur le béton, on ne rebouche pas une épaufrure sans traiter l'acier qui l'a fait éclater : on répare la cause, pas le symptôme.

Le protocole

Dans l'ordre, sans brûler d'étape

  1. Diagnostic préalableSondage de l'enrobage, repérage des aciers, mesure de la profondeur de carbonatation (phénolphtaléine), voire cartographie du potentiel de corrosion et dosage des chlorures. Le diagnostic oriente le choix des principes de réparation (NF EN 1504-9).
  2. Purge et dégagement des aciersÉlimination du béton dégradé ou carbonaté jusqu'au béton sain, par piquage ou hydrodémolition, puis dégagement des armatures corrodées sur tout leur pourtour pour traiter la totalité de la surface oxydée.
  3. Passivation des aciersDécapage des armatures (brossage, sablage) pour retirer la rouille, puis application d'un revêtement passivant assurant la protection des aciers conservés (NF EN 1504-7).
  4. Reconstitution de sectionReconstitution de l'enrobage et des volumes perdus avec un mortier de réparation adapté (classe R3 ou R4 selon la sollicitation, NF EN 1504-3), en respectant l'épaisseur d'enrobage rétablie.
  5. Protection anticarbonatationSystème de protection de surface (imprégnation ou revêtement) freinant la pénétration du CO₂ et de l'eau (NF EN 1504-2). Sur façade fissurée, une réfection par revêtement d'imperméabilité peut relever du NF DTU 42.1.

Cadre normatif

Les règles de l'art

Les textes qui font foi.

  • NF EN 1504-9Réparation du béton : principes généraux d'utilisation
  • NF EN 1504-3Réparation structurale et non structurale
  • NF EN 1504-7Protection contre la corrosion des armatures
  • NF EN 1504-2Systèmes de protection de surface du béton

En images

Le métier en images

  • Mur en béton brut de décoffrage : empreinte horizontale des planches de coffrage, trous de banche et bullage, teinte grise.
  • Ouvrier lissant à la règle une bordure de béton frais gris coulée dans son coffrage bois.
  • Structure en béton banché : voiles et refends portant les trous de banche réguliers.

Une façade en béton à reprendre ?

Nous relevons l'état du support sur place et chiffrons le protocole adapté. Diagnostic sans engagement.